Seddouk Ouffella, village de Cheikh Ahaddad

Tadart n-Cixx Ahaddad

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Cheikh Aziz El Haddad

mercredi 3 octobre 2007, par Hamane

Cheikh Aziz El Haddad (Aziz A ?eddad) (vers 1842 – 1895) Fils cadet de Cheikh A ?eddad (Cf. DBK 1, notice "A ?eddad (famille)"), il fut l’un des principaux chefs politiques et militaires de l’insurrection de 1871. Aziz A ?eddad est né vers 1842 à Seddouk Oufella dans la tribu des Aït Aïdel. En raison de la position tout à fait prépondérante de la Rahmaniya, les deux fils de Cheikh A ?eddad occupaient des fonctions politiques influentes : l’aîné, M’hamed était « caïd des Béni-Aïdel et des Rir’a, le second, Aziz […] était caïd des Amoucha dans l’annexe de Takitount et chevalier de la légion d’honneur » (Robin : 32-33). Ce n’est qu’en décembre 1869, lorsque les autorités françaises, soucieuses de neutraliser la Rahmaniya, nommèrent Ben Ali Chérif bachagha de Chellata qu’Aziz, froissé, remit sa démission. (Robin : 36) C’est très précisément dans ce contexte que furent votés, le 9 mars 1870, les textes instituant le régime civil en Algérie (Ageron 1968, t. I : 5). Ce nouveau régime qui mettait fin au pouvoir des militaires et marginalisait leurs relais indigènes (djouads et marabouts) fut le facteur le plus déterminant dans le déclenchement de l’insurrection de 1871. Après l’alliance conclue avec le bachagha Al-Moqrani, Cheikh A ?eddad, maître de la Rahmaniya, fut certes le chef spirituel de l’insurrection – ce fut son appel au Djihad lancé le 8 Avril 1871 au marché de M’cisna qui fit basculer la Kabylie – mais les vrais acteurs politiques et militaires de ce soulèvement furent ses fils M’hamed et surtout Aziz.

Aziz A ?eddad, chef politique et chef de guerre .

Ce fut principalement Aziz qui négocia l’alliance conclue entre son père et le bachagha Al-Moqrani (Rinn 1891 : 199-200) ; au même moment, le 27 mars 1871, il prononça publiquement au marché de Seddouk une prière « pour l’extermination des français » (Rinn 1891 : 60 et 199). Durant l’insurrection, d’avril à juillet 1871, Aziz A ?eddad concentra son action politique et militaire en trois points de Kabylie : La Vallée de la Soummam, les Babors et le Djurdjura ; dans cette dernière région, son action fut plus politique que militaire. Dans la vallée de la Soummam, dès le début du mois d’avril, l’objectif d’Aziz A ?eddad était non seulement d’organiser les opérations militaires, de bloquer l’arrivée des troupes françaises dans la région mais aussi de propager l’insurrection :(1) « Dès le 10 avril, affirme Rinn, Si Aziz qui depuis longtemps était prêt, fit couper les fils télégraphiques entre Bougie et Fort-National ; des reqqab, ou émissaires choisis, furent envoyés à tous ceux dont le zèle avait besoin d’être stimulé, ou qui, bien qu’affiliés à la Rahmaniya, n’étaient pas dans la dépendance directe de la zaouia de Cheikh-el-Haddad ; de simples feux allumés sur des sommets connus des montagnes voisines de Seddouq, avaient suffi d’ailleurs pour annoncer d’Alger à Philippeville que la guerre sainte était ouverte » (Rinn 1891 : 203). La vallée de la Soummam qui assure la jonction entre Alger et Bgayet mais aussi entre Alger et l’Est du pays était fermée devant l’armée française : en avril 1871, Aziz « y regroupa les hommes les plus aguerris et lança l’offensive, contraignant Lepasset (qui se dirigeait vers Bgayet) à se replier dans la Mitidja » (Lallaoui 1994 : 26). A la fin du mois d’avril, Aziz gagna les Babors et y organisa le soulèvement jusqu’au milieu du mois de juin ; Cependant, Bouaziz2 souligne : « Les batailles menées dans les Babors et à Ammoucha, durant les mois de mai et de juin furent une expérience pénible et une épreuve difficile pour Si Aziz, car il échoua dans sa tentative de faire basculer les grandes familles acquises à la France et il ne put fournir aux combattants l’armement nécessaire pour affronter l’adversaire. L’exaltation du sentiment religieux fut son arme principale » (Bouaziz 1999 : 34). Avant de regagner Seddouk le 23 juin, Aziz livra un dernier combat dans le nord de Sétif ; aux troupes du général Saussier, il opposa plus de 8.000 combattants, laissant 150 morts sur le champ de bataille (Rinn 1891 : 458). D’ultimes combats se déroulent à la fin du mois de juin au nord de Sétif et dans la vallée de la Soummam ; les Kabyles « se battent avec une âpre énergie » (Rinn 1891 : 459) au prix de pertes considérables, mais la région est déjà reconquise par les troupes du général Saussier, les villages brûlés. De Seddouk, Aziz se dirige alors vers le Djurdjura (le 24 ou le 25 juin). Dans le Djurdjura, même tableau : les insurgés, venus de toutes les tribus, tentent de défendre, comme en 1857, leur dernière position : La place forte d’Icherriden ; il s’agissait en réalité d’un baroud d’honneur : « Les Kabyles, souligne Robin, avaient bien compris que la partie était perdue pour eux mais avant de se soumettre franchement, ils voulurent encore essayer la puissance d’une de leurs positions que nous n’aurions pu (2) enlever en 1857 qu’au prix de pertes considérables ; il s’agit de la position d’Icherriden sur le territoire des Béni-Raten [At Yiraten]. […] Toutes les tribus zouaoua s’étaient promis d’amener là l’élite de leurs guerriers, de leur donner de bonnes armes et des munitions en abondance, résolus si le sort des armes leur était encore défavorable, à se soumettre sans réserve (p. 430). Ils étaient bien 7.000 à Icherriden seulement et ils ont montré un acharnement extrême dans le peu de temps qu’a duré le combat. Suivant une ancienne coutume, les tribus avaient décidé qu’il y aurait entre elles “timechekerit” (3), c’est à dire un défi de vaillance ; chacune d’elles avait son emplacement dans le retranchement et la première qui lâcherait pied était déshonorée. Les Kabyles mettent un extrême amour-propre dans ces sortes de défis qui intéressent la réputation de bravoure de leur tribu. La ténacité des Kabyles leur causa des pertes considérables à en juger par le nombre de cadavres trouvés aux abords et dans l’intérieur des positions conquises, elles peuvent être évaluées à 400 tués » (Robin : 431-434). Après cette défaite, les tribus du Djurdjura déposèrent une à une les armes. C’est dans ce contexte qu’Aziz A ?eddad se rendit (4) à Aït Hichem au général Lallemand, le 30 juin 1871 : « Il arriva encore un personnage qui n’était pas attendu ; c’était Cheikh Aziz, fils de Cheikh El Haddad, le grand maître de Sidi Abderrahmane-bou-Goberin. Les Ouled-ou-Kassi voulurent d’abord faire croire qu’ils l’avaient amené prisonnier, mais on vit bientôt que Cheikh Aziz était venu volontairement » (Robin : 438-439). Cette reddition dans un contexte de défaite générale mènera Aziz A ?eddad à la détention puis à la déportation et enfin à l’exil.

Le procès et la déportation

Le procès de Cheikh A ?eddad et de ses deux fils eut lieu à Constantine en même temps que celui de tous les chefs insurgés, du 10 mars au 21 avril 1873 (Ageron 1968, Tome I : 22). Aziz y fut défendu par Maître Seror, un avocat de Constantine. Plusieurs chefs d’accusation furent retenus contre lui par la cour d’assises ; il fut accusé « d’avoir écrit des milliers de lettres au nom de son frère à l’attaque d’Imoula, d’avoir prélevé des impôts (sans doute un impôt de guerre). Il fut aussi accusé d’incitation à des actes d’incendie, de désordre et de destruction » (Bouaziz 1999 : 43) (5). Aziz reconnut pleinement sa participation à l’insurrection ; la déclaration qu’il fit devant la cour d’assises est très explicite, elle permet aussi de situer le rôle du facteur religieux dans cette insurrection : « Lorsqu’on est en insurrection, le djihad est un moyen d’action et je m’en suis servi. Du moment que j’étais insurgé, je devais mettre en oeuvre tous les moyens utiles à ma cause ; le djihad comme les titres que j’ai pris ou qu’on m’a donnés d’émir des musulmans, de défenseur de la religion, n’étaient que des procédés d’exécution imposés par les circonstances ». (Rinn 1891 : 202) En prévision de ce procès, Aziz avait aussi rédigé un mémoire (5) d’une centaine de pages. Dans ce document qui mériterait à lui seul toute une analyse, il expose son point de vue sur les raisons de l’insurrection, donne des indications sur les origines de la famille A ?eddad et sur celles de Ben Ali Chérif, son rival et même son point de vue sur l’origine des habitants (autochtones) de l’Algérie. L’arrêt rendu public le 19 avril 1873 par la cour d’assises de Constantine « condamnait Aziz à la déportation, Cheikh M’hamed à cinq ans de réclusion et Cheikh El Haddad à cinq ans de détention (Rinn 1891 : 463, note n°1). Lallaoui (6 )précise qu’« Aziz avait d’abord été condamné à mort mais étant membre de la légion d’honneur […], il lui sera fait application de l’article 43 du décret du 16 mars 1852 et sa peine sera commuée en déportation » (Lallaoui 1994 : 38). Il embarquera pour la Nouvelle-Calédonie le 31 août 1874 (Lallaoui 1994 : 51). La traversée durait cinq mois et les déportés étaient enfermés dans des cages en fer. L’ouvrage de Lallaoui qui s’appuie sur l’analyse de rapports médicaux, souligne que de nombreux détenus mouraient, au cours de cette traversée, de phtisie, du scorbut ou se laissaient mourir d’inanition, ne réclamant aucun soin médical. A l’île des Pins où ils sont détenus, Aziz et les insurgés kabyles côtoient d’autres insurgés, les Communards (7), auxquels une étroite solidarité les unit. D’autres formes de solidarité seront perceptibles pendant cette déportation comme celle qui se manifeste entre les colonisés : lors d’une révolte canaque qui éclata en 1878, Aziz A ?eddad, contrairement à Boumezrag At Meqqran, prit le parti des insurgés, refusant tout concours aux autorités françaises. Une loi d’amnistie générale fut promulguée à Paris le 11 juillet 1880 ; cependant, face aux revendications des détenus algériens, elle fut suivie le 21 avril 1881 d’une circulaire ministérielle destinée à en restreindre la portée : cette amnistie ne s’applique qu’aux « seuls faits insurrectionnels survenus sur le territoire métropolitain ». (Lallaoui 1994 : 94) ; autrement dit, seuls les Communards étaient amnistiés. Les déportés kabyles furent graciés avec obligation de résidence, c’est-à-dire avec interdiction de retourner en Algérie. Aziz A ?eddad décida alors de s’évader.

L’évasion et le séjour à la Mecque.

Ce furent des déportés algériens dont M’hamed A ?eddad qui réunirent l’argent nécessaire à l’évasion d’Aziz : 200 Francs (Lallaoui 1994 : 101). Celui-ci quitta la Nouvelle Calédonie en avril 1881 et prit la direction de l’Australie. L’itinéraire qu’il emprunta fut le suivant : Nouméa – Sydney – Suez – La Mecque (8 ). Dés qu’elle fut connue, cette évasion suscita l’inquiétude des autorités coloniales en Algérie ; une dépêche du Gouverneur Général de l’Algérie affirme que « sa présence (i.e. de Aziz) en Algérie serait ou un danger ou tout au moins un grand embarras, car son retour en ce moment serait un véritable défi jeté à l’opinion française. » (Lallaoui 1994 : 100-101) Les circonstances de cette évasion sont connues avec précision car de Sidney, Aziz expédia trois lettres à sa famille ; elles seront saisies par les autorités françaises, (Lallaoui 1994, en reproduit de larges extraits en pages 101 et 102). Une d’entre ces lettres retient particulièrement l’attention car il s’agit d’une lettre-programme, Aziz y écrit : « Le 10 juin (1881), je prendrai mon passage sur un bateau à vapeur qui me conduira de Sidney à Suez. Je compte revenir de là à la Mecque où je retrouverai après la saison du pèlerinage […] je rentrerai ensuite en Algérie si le Gouverneur Général m’y autorise. Je lui ai adressé une lettre à cet effet. Quant à vous, dés que vous aurez reçu la présente, il faudra vous rendre avec le Cheikh de la tribu auprès de l’Administrateur d’Akbou qui vous aidera auprès du Gouverneur […]. Si vous recevez une réponse favorable m’accordant ma grâce, […] soyez alors en paix car sitôt après le pèlerinage, je vous écrirai soit d’Alexandrie soit de Tunis. Vous m’enverrez alors la lettre du Gouverneur Général, je me rendrai auprès de lui à Alger et de là, chez vous. Si au contraire, la réponse est défavorable, je verrai à me choisir une résidence et vous viendrez m’y rejoindre ». (Lallaoui 1994 : 102) Le but de cette évasion était donc bien pour Aziz le retour en Kabylie ; cependant, face au refus des autorités françaises, le séjour à la Mecque, conçu comme une étape dans ce périple, durera près de quinze ans (de 1881 à 1895). A Suez où il débarqua en octobre 1881, les autorités françaises, inquiètes, le firent suivre par des espions, son signalement est donné comme suit : « Si Azziz ben Cheikh El Haddad est de haute taille, maigre et brun ; il a de fort grand yeux, la barbe noire et la voix forte. Il s’habille généralement de blanc comme ses compatriotes et a pour habitude de se cacher la moitié du visage avec un pan de son haïk. » (Lallaoui 1994 : 104) Avant de s’établir à la Mecque, Aziz séjourna (du 11 janvier 1882 jusqu’à une date que les documents ne prédisent pas) à Djeddah. Dans cette ville, il entre en relation avec le vice-consul de France, Celui-ci constatant le dénuement dans lequel se trouve Aziz et conscient de son influence « malgré son éloignement », craint de le voir basculer « au milieu de cette population fanatique ; c’est la raison pour laquelle il intercède auprès du Ministre des Affaires étrangères en vu d’obtenir son rapatriement en Algérie. (Lettre du 188 avril 18822 adressée par le vice-consul de Djeddah au Ministre des Affaires étrangères). La présence d’Aziz était perçue comme gênante à Djeddah mais le Gouverneur Général de l’Algérie s’oppose à son rapatriement. Il s’établit donc à la Mecque. Sur ce séjour à la Mecque, la documentation consultée livre très peu d’informations ; on sait seulement qu’Aziz y épousa une Ethiopienne (9)(Al Habašiyya) (Bouaziz 1999 : 166-167) dont il eut deux enfants : un garçon et une fille. Il demeure à la Mecque jusqu’en 1895 (Loi du 2 février 1895). Les rares déportés qui auront survécu à ces vingt ans de bagne embarqueront pour l’Algérie le 22 août 1895, « sans recouvrer pour autant la liberté. Car dés leur arrivée en Algérie, ils seront assignés à résidence. » (Lallaoui 1994 : 99)

La Kabylie inaccessible

Amnistié, Aziz décida de renter en Kabylie. Pour réclamer la restitution de ses terres – toutes les terres de la famille A ?eddad avaient été séquestrées – il quitta la Mecque pour Paris. Les autorités françaises en avaient été informées car il y eut un échange de correspondances entre le Consul de France à Djeddah, le Ministre des affaires étrangères et le Gouverneur Général de l’Algérie. Ce dernier, prenant appui sur des “dispositions spéciales contenues dans le code de l’indigénat”, refusa le retour d’Aziz A ?eddad en Kabylie : « Quoi qu’il en soit, Si Aziz ne doit pas rentrer en Kabylie. J’estime qu’il y aurait lieu de l’inviter à se rendre en Tunisie ; sinon, je lui indiquerai la région dans laquelle je l’autoriserai à résider en Algérie ». (Lallaoui, 1994 : 105). Ce fut la dernière partie de bras de fer qui opposa Aziz A ?eddad aux autorités françaises, car il mourut10 à Paris le jour même où les derniers déportés kabyles quittèrent la Nouvelle-Calédonie. Guyotat note que par un « étonnant hasard, ce même jour du 22 août 1895, s’éteint à Paris dans les bras du communard Eugène Mourot, ancien déporté à l’Ile des Pins qui lui a offert un ultime asile, Azziz El Haddad l’irréductible qui s’était évadé du bagne et que toutes les polices recherchent. Les derniers communards se cotiseront pour rapatrier son corps en Kabylie ». (Guyotat 1995. Cf. DBK 1, notice "A ?eddad (famille)"). Même mort, la Kabylie lui sera interdite : les sources orales affirment que les autorités françaises – de crainte d’un autre soulèvement en Kabylie – auraient détourné la dépouille mortelle d’Aziz vers Constantine où il est enterré aux côtés de son père. En Kabylie et en particulier dans la région de Seddouk, le souvenir de Cheikh A ?eddad et de ses deux fils est encore très vivant ; le nom d’Aziz, surtout, y est associé à l’étendard flamboyant de la révolte : Le ?lam i icudd Si ?aziz (11) D azegga ? am usafu Ittextir deg yelm ?yen At lqedd am usaru Ixla-d ??ur L ?ezlan Lembat-is nnig Weqbu Le ?lam i icudd Si ?aziz D azegga ? am u ?ercic Ittextir deg yelme ?yen Bexlaf widak ur ezwi ? Ixla-d ??ur L ?ezlan Lembat-is deg Bu ?rari ? L’étendard porté par Si Aziz Rougeoie tel un tison. Il rassemble l’élite des jeunes gens il campa au-dessus d’Akbou. L’étendard porté par Si Aziz Flamboie tel un … (12) Il rassemble l’élite des jeunes gens Uniquement les célibataires. Après le saccage de Sour El Ghozlane Il campa à Bou-Arréridj. [D. ABROUS] © Inalco-Centre de Recherche Berbère renvois - (1 ) Nous ne disposons pas de document d’état civil établissant avec précision la date de naissance d’Aziz A ?eddad, mais Bouaziz affirme que lors de sa comparution au procès des insurgés en mars - avril 1873, « il était âgé de 31 ans » (Bouaziz 1999 : 36). - -3 "timechekerit" : ce mot, un dérivé nominal, est à rapprocher du verbe "Cqirrew"– "défier" (Cf. Dallet, 1982 : 102). Dallet (mêmes références) donne : "timecqerriwt" – "pari, défi". L’expression "défi de vaillance" utilisée par Robin est donc tout à fait pertinente. 3 -4 Rinn (1891 : 462) souligne seulement que depuis le 30 juin « Aziz était prisonnier du général Lallemand à Aït Hichem dans le Djurdjura ». Robin précise qu’il s’agit bien d’une reddition. - 5Ce document a été rédigé en arabe par Aziz A ?eddad, il a été traduit en français par Ernest Mercier sous le titre : Mémoire d’un accusé à ses juges et ses défenseurs ; Constantine, imprimerie Marle, 1873 (Cf. notice A ?eddad). Yahia Bouaziz a retraduit ce texte en arabe en raison de la disparition de la version originale de ce texte (Bouaziz 1999 : 6). -6 Lallaoui nous apprend que M’hmamed A ?eddad a été déporté en Nouvelle Calédonie au même titre que son frère Aziz. (Lallaoui 1994 : 101) 4 - 7 Mehdi Lallaoui (1994), qui donne des indications sur les conditions de détention, puise certaines données relatives à Aziz A ?eddad de mémoires rédigés par les communards. (Cf. bibliographie) -8 Des périples de ce genre n’étaient pas exceptionnels pour les hommes kabyles à la fin du XIXe siècle : L’évasion des frères Abdoun est en tous points semblable à celle d’Aziz A ?eddad (Cf. notice Abdoun). Outre ces évasions, l’exploitation des archives françaises de la fin du XIXe siècle (Archives d’outre-Mer, Aix-en-Provence, Archives des Missionnaires d’Afrique, Rome) révèle de nombreux cas de Kabyles – souvent des commerçants – partis vers des destinations très lointaines. -9 Au moment de sa comparution devant la Cour d’assises de Constantine en mars – avril 1873, Aziz A ?eddad avait 3 épouses et 4 enfants (Bouaziz, 1999 : 36). Salah qui était probablement l’aîné de ces enfants était élève au collège d’Alger au moment de la déportation d’Aziz. (Lallaoui, 1994 : 51) Les sources orales affirment qu’Aziz a épousé une Arabe avec laquelle il a eu trois enfants : Sadek, Fatima, Khadidja – « Yu ? Taεrabt, yesεa-d γur-s tlata : Lha ? Sadeq, Nna Fatima d Nna Xdi ?a. » (Idir & Moussouni 2001 : 121) - 10Les sources orales affirment qu’Aziz a été empoisonné car les autorités françaises craignaient un nouveau soulèvement : « Ccix ?aziz seqqan-t, seqqan-t belli ugaden ad iεiwed nnfaq » (Idir & Moussouni 2001 : 121) - 11Pour ce poème et le suivant voir : Idir & Moussouni 2001, respectivement pages 121 et 122. 7 -12 A ?ercic : terme obscur dont le sens n’a pu être établi.

BIBLIOGRAPHIE

– AGERON Ch. R. : 1968 - Les Algériens musulmans et la France (1871-1919), t. I., Paris, PUF, (notamment Livre I, Chapitre 1) – AGERON Ch. R. : 1972 - Politiques coloniales au Maghreb, Paris, PUF (notamment 4e partie, Chapitre I) – BOUAZIZ Y. : 1999 - Wasâyâ Ash-Shaykh Al-Haddâd wa mudakkarât ibni-hi Sî ‘Aziz (Testament du Cheikh El-Haddad et mémoires de son fils Si Aziz), Alger, ENAL. – GUYOTAT R. : 1995 – « D’une colonisation à l’autre », Le Monde Radio-Télévision (Paris), 17-18 septembre 1995, 1 page. – IDIR M. et MOUSSOUNI M. : 2001 - L’insurrection de 1871 à travers la mémoire collective, essai d’analyse d’un discours oral sur Cheikh A ?eddad et l’insurrection ; Mémoire de fin de licence, dirigé par A. Ould-Fella, Université de Bgayet, Département de Langue et Culture Amazigh. – LALLAOUI M. : 1994 - Kabyles du pacifique, Paris, Société Européenne des Arts Graphiques (“Au nom de la mémoire”). – LIOREL J. : 1893 - Races berbères. Kabyles du Djurdjura, Paris, Edition Lerouse, Paris (notamment livre quatrième, p. 242 à 303). – MAILHE G. : 1994 - Déportation en Nouvelle-Calédonie des communards et des révoltés de Grande-Kabylie, Paris, L’Harmattan,(notamment Chapitre XVII). – RINN L. : 1891 - Histoire de l’insurrection de 1871 en Algérie. Alger, Librairie Jourdan. – ROBIN C. : s. d. - L’insurrection de la Grande-Kabylie. Paris, Editions Henri-Charles Lavanzelle. Documents émanant des protagonistes de l’insurrection de 1871 : – « Un texte de Mohamed Ameziane Ben Ali Al Haddad » (Publication et traduction partielle par El Mehdi Bou Abdelli), Revue d’Histoire et de Civilisation du Maghreb, 1, 1966 (Alger, Faculté des Lettres). – EL-HADDAD Aziz : Mémoire d’un accusé à ses juges et ses défenseurs, Imprimerie Marle, Constantine, 1873. (Traduit de l’Arabe par E. Mercier.) ARCHIVES – Archives d’Outre-Mer, Aix-en-Provence : Fonds des bureaux arabes, cercle de Tizi-Ouzou. Registre de correspondances n° 31/II/17 (du 2 janvier au 18 octobre 1871). 8 – Archives d’Outre-Mer, Aix-en-Provence : Fonds du Gouvernement général de l’Algérie. Série H. Carton 16H. 62-63, "Rahmaniya, Cheikh Al Haddad et sa famille, 1865-1905". © Inalco-Centre de Recherche Berbère – Archives Nationales de Paris : Dossier BB24. 8722 (Tableau des condamnés suivant la gravité des peines prononcées avec indications des condamnations proposées). – Archives du Ministère de la guerre (Vincennes) : carton H375 ; signalé par Y. Bouaziz (Bouaziz, 1999 : 8). – ANSOM : Carton H70, dossier Azziz ; signalé par Mehdi Lallaoui (Lallaoui, 1994 : 100 ; note infrapaginale). – Récits de déportés de Commune de Paris contenants des données sur Aziz Aheddad et Boumezrag At Meqqran ; cités par Mehdi Lallaoui – BALLIERE Achille : 1875 -, Histoire de la déportation par des évadés de Nouméa, Londres. (Lallaoui 1994 : 85) – MALATO Charles : 1894 - De la commune à l’anarchie, Paris (Lallaoui 1994 : 84) Source [INALCO->www.inalco.fr] -Centre de recherche Berbere